Le sommeil du nouveau-né : ce que personne ne vous dit vraiment

S'il existe un sujet universel pour toutes les mamans dans les jours, semaines ou mois qui suivent la naissance de leur enfant, c'est bien celui du sommeil. C'est d'ailleurs l'une des questions les plus souvent posées aux jeunes mamans : "Est-ce qu'il fait ses nuits ?". Mais que signifie "faire ses nuits" ? Comment apprend-on à son bébé à dormir ? Et comment faire pour que ce petit être merveilleux fasse enfin ses nuits ? C'est ce que nous allons voir ensemble dans cet article.

1. Le sommeil, une compétence innée, pas un apprentissage

Je risque sans doute d'en décevoir quelques-un·e·s, on ne peut pas apprendre à un bébé à dormir, à faire ses fameuses nuits. Le sommeil n'est pas un apprentissage, mais bien une compétence innée. TOUS les bébés sont capables de dormir sans qu'on leur apprenne comment faire. Pour cause, ils dorment déjà alors même qu'ils ne sont pas nés. Cette information, je regrette vraiment de ne pas l'avoir eue à la naissance de mon premier petit garçon qui, définitivement, ne faisait pas ses nuits.

Pour autant, ne la voyons pas comme une fatalité en se disant qu'il n'y a rien à faire si son enfant ne "dort pas". Si nous ne pouvons pas apprendre à notre enfant à dormir, nous pouvons néanmoins accompagner son sommeil et créer des conditions favorables pour qu'il puisse s'endormir.

2. On n'endort pas un bébé, il s'endort

Le rôle du parent sera d'accompagner son bébé vers le sommeil, de le rassurer, d'être présent et de lui assurer un cadre de sommeil propice à l'endormissement. Revenons quelques temps avant la naissance. Dans l'utérus de sa maman, le bébé est capable de s'endormir. Mais dans quelles conditions ? Il se trouve dans un milieu aquatique, à température constante, est nourri en continu, son corps est contenu, il ne connaît pas la sensation de pesanteur, la lumière et le bruit sont atténués.

Après sa naissance, ces conditions changent subitement et drastiquement. Tout ce qui lui était familier n'est plus et il découvre une myriade de nouvelles sensations. Finalement, ce qu'il y a de plus familier pour lui dans ce nouvel environnement est sa maman. Son odeur, le bruit du battement de son cœur, sa voix. Il n'est guère étonnant qu'il cherche à retrouver certains repères et, par conséquent, qu'il n'apprécie que moyennement d'être déposé dans un berceau, sur le dos, sans contact direct avec ce qu'il connaît le mieux.

C'est pourtant cette manière de dormir qui est recommandée par les professionnels de santé et l'OMS. Alors, comment s'en sortir au milieu de ces informations qui semblent se contredire ?

3. Les recommandations pour diminuer le risque de mort inattendue du nourrisson

Les recommandations de l'OMS sont claires. Les bébés doivent dormir sur le dos, sur un matelas ferme et c'est tout. Pas de doudou, de couverture ou même de tour de lit. (Il existe également d'autres recommandations comme l'absence de tabagisme et le fait d'éviter de faire dormir les bébés dans une chambre surchauffée, entre autres). Si l'OMS recommande de faire dormir le bébé dans la chambre parentale durant ses six premiers mois, elle déconseille de le faire dormir directement dans le lit de ses parents.

Ces recommandations, depuis leur application, ont permis de diminuer indéniablement et de manière significative le nombre de cas de mort inattendue du nourrisson. Certains bébés semblent pourtant plus apaisés lorsqu'ils sont sur le ventre ou blottis contre un adulte, ce qui peut donner l'impression que cette position leur serait plus naturelle. Mais alors, comment concilier sécurité et confort de sommeil ?

Heureusement, il existe différentes possibilités pour aider bébé à trouver le sommeil. Premièrement, l'emmaillotage des bébés permet de les contenir, ce qui peut aider certains bébés à s'endormir plus facilement. Il existe aussi des dispositifs comme des moniteurs qui détectent la respiration du bébé (à placer sous le matelas) ou encore des chaussettes connectées qui mesurent notamment la fréquence cardiaque du bébé.

Le plus important est de trouver la solution qui conviendra le mieux à vous et à votre bébé, en étant conscient des recommandations officielles. Certains parents décideront de faire dormir le bébé dans sa propre chambre très rapidement, d'autres choisiront de le faire dormir dans leur chambre et d'autres encore opteront pour d'autres solutions. Une fois que vous aurez choisi votre option, il faudra encore se demander quand mettre au lit son bébé.

4. Temps d'éveil, temps de sommeil et signes de fatigue

La logique voudrait que l'on couche son enfant, pour la nuit ou la sieste, lorsque celui-ci est fatigué. Encore faut-il pouvoir repérer lorsque cela arrive. Si chaque enfant est différent, il existe toutefois quelques signes qui peuvent vous indiquer que le moment est venu pour lui de se reposer.

Bien sûr, les bâillements sont un indicateur facile à repérer mais il en existe d'autres. Les bébés qui ont besoin de sommeil ont parfois le regard qui se "perd", se frottent les yeux, tournent la tête, ils peuvent aussi s'agiter et pleurer. Les signes les plus précoces sont souvent plus difficiles à identifier. C'est pourtant le moment idéal pour que bébé trouve le sommeil plus facilement.

On parle parfois de l'image du "train à ne pas rater" : à chaque cycle d'éveil s'ouvre une fenêtre de sommeil, annoncée par ces tout premiers signes de fatigue. Si on la manque — bébé trop stimulé ou sollicité au moment où il commence à fatiguer —, son corps sécrète du cortisol, une hormone qui produit l'effet inverse de celui recherché : elle relance l'éveil au lieu de préparer au sommeil. Bébé devient alors plus difficile à endormir, plus agité, et il faudra parfois attendre le train suivant, un cycle plus tard. Rassurez-vous, ce n'est pas une science exacte : il arrive à tous les parents de rater ce moment. L'idée est simplement de s'en rapprocher au mieux, sans pression, en apaisant bébé si besoin avant de le coucher.

Au plus votre bébé grandira, plus vous le connaîtrez et pourrez facilement repérer ses premiers signes de fatigue. Observez votre bébé, notez ses cycles, ceux-ci sont souvent similaires. Prêtez aussi attention aux temps d'éveil, c'est sans doute une indication plus facile à suivre, surtout les premières semaines.

Ainsi, un bébé de moins de 2 mois dormira généralement entre 16h et 20h par jour. Il dormira pendant 2 à 4h et son temps d'éveil durera entre 30 min et 1h. Ces repères évoluent ensuite progressivement avec l'âge : les temps d'éveil s'allongent tandis que les siestes se regroupent et se raccourcissent en nombre.

Gardez à l'esprit ici que ces informations sont indicatives, il ne s'agit nullement d'un mode d'emploi strict. Chaque bébé est différent et ses besoins aussi.

5. Accompagner le sommeil de son bébé

On le disait en début d'article, si on ne peut pas endormir son bébé, on peut toutefois l'accompagner pour qu'il soit dans les meilleures conditions d'endormissement. Ainsi, privilégiez un environnement de sommeil épuré, calme, sombre, une température idéalement comprise entre 16 et 19°, une turbulette adaptée à la saison et à la taille du bébé.

Vous pouvez également mettre en place une routine de coucher pour les siestes et la nuit (elles peuvent être différentes ou similaires). La routine est une succession d'actions que vous allez mettre en place, toujours les mêmes et toujours dans le même ordre avant le coucher de votre enfant. Le cerveau adore la routine, celui des bébés ne fait pas exception. Cette répétition lui permet de comprendre qu'il est temps d'aller se coucher, il se "prépare" au temps de sommeil.

Ce rituel, ou routine, peut comprendre un temps de soin (toilette, bain, change, …), une petite chanson, un câlin, ou tout ce que vous souhaiterez y mettre. Il n'est pas nécessaire qu'elle soit très longue. Une vingtaine de minutes suffisent.

6. Les nuits difficiles ne durent pas

Les premières semaines et même les premiers mois peuvent être une période particulièrement difficile à traverser pour les jeunes parents. Les nuits hachées, l'hypervigilance, le stress peuvent être épuisants et paraître durer une éternité. Gardez à l'esprit qu'aussi difficile que soit cette période, tout finit par passer. Votre bébé finira par enchaîner ses cycles et cela peut prendre plus ou moins de temps. Chaque bébé est différent, chaque parent est différent et chaque famille est différente. Cela ne fait pas de vous un mauvais parent ou un parent défaillant. Rappelez-vous aussi que la privation de sommeil a de nombreuses répercussions à la fois sur l'humeur, la santé physique et mentale.

7. Ne restez pas seul

Si vous sentez que la situation devient difficile, que vous ne pouvez pas dormir suffisamment pour récupérer, que vous manquez de soutien ou simplement que vous avez envie d'en parler, ne restez pas seul. L'isolement accroît les effets du manque de sommeil. Rencontrez d'autres parents, parlez-en autour de vous, confiez-vous à des proches, demandez du relais pour pouvoir vous reposer, participez à un atelier de jeunes parents ou contactez-moi pour un accompagnement personnalisé dans la région de Wanze, Huy, Liège ou même d'ailleurs pour en discuter plus en détail.

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